Ma tête bouge deux fois plus vite que mes pieds, le rythme est rapide, les spots me donnent l'impression de planer, les basses se font plus profondes. Je ne sais pas où je suis. Seule dans un rêve? Dans un club à Montréal ou en France?
Je ferme les yeux, transporté par la musique.
Je me calme, reprends mes esprits, fixe un point à l'horizon : le paysage urbain environnant me saute aux yeux. Juste en face de moi l'un des plus hauts gratte-ciels au monde.
Je suis en République Populaire de Chine : à Shanghai précisément. Autour de moi que des expats, des hommes d'affaires locaux; les marques occidentales servent de signe de reconnaissance. Les gens flambent, s'amusent, profitent de la vie, au 12ème étage d'un bel immeuble du Bund, la promenade coloniale de Shanghai.
Dans la rue, une mère de famille mendie avec sur ses genoux ses enfants endormis protégés par un carton humide.
Bienvenu dans l'un der derniers bastions communiste de la planète!
La ville est pleine de contrastes : entre les quartiers traditionnels et les buildings ultra-moderne de Pudong il y a un monde, ou plutôt une galaxie! Chacun tente de sauter dans le train de la croissance économique. Mais beaucoup loupent la marche et ne pourront plus y monter. L'une des impressions prédominante : un jour tout va exploser, ou plutôt imploser. Tout grandit si vite, il est difficile de s'imaginer que cela ne tienne indéfiniment.
Grandir, grandir; vite, encore plus vite! Mais à quel prix?
Déjà aujourd'hui l'éclairage des bâtiments est éteint à 22h30 pour économiser de l'énergie, alors que à peine 30% des buildings sont sortis de terre et qu'il y a seulement 6 voitures pour 1000 habitants!